
Paris, le 5 Juillet 2023
L’heure est au soleil qui se couche tard le soir, aux baisers mouillés, salés, les pieds en presque éventails. Juillet se présente et nous rentrons dans la danse, la préparation des vacances ici à Paris, à Capri, ici ou ailleurs l’été et sa chaleur sont enfin au rendez-vous pour notre plus grand bonheur.
Un an déjà ou presque que je me suis installée à Paris, dans une nouvelle routine me convenant pleinement, quasi. Car, je dois moi-même me l’avouer, j’ai souvent scrollé mon téléphone le matin durant mon café ou pendant la pause déjeuner, afin de rêver d’été, de ferme à retaper, de murs de pierres apparentes, de fleurs à foison, d’aventures, d’amour et de vagues, vague à l’âme, vague sentimentale, vague de la vie, celle qui transporte et nous sourit.
J’ai rêvé d’ailleurs car le quotidien ne s’y prêtait guère, et que notre société devenue si égoïste et délétère me cause non seulement mes plaques, l’urticaire, mais également un besoin d’ailleurs, un profond besoin de renouveau, un besoin de vacances. Une chose assez rare, car, moi-même considère que la vie ne doit pas être subie, et que si l’espoir se porte sur le bouclage de valises, c’est qu’erreur dans ma vie j’ai commis.
La patience, la concrétisation, le travail acharné, une chose que je parviens parfois à oublier, sur lesquels tout arrivera en temps voulu, à point nommé, sur lequel je dois m’accrocher. (Patience, un jour vous comprendrez)
Aujourd’hui, mercredi 5 juillet 2023, il s’agit de la grande sortie du titre de mon ami Thomas Legrand « Seul » que je vous recommande d’écouter et de visualiser sur la plateforme YouTube à 18h00 précise et sur toutes autres plateformes musicales. Oh Yeah. Ce soir j’effectue de la figuration, dans le décor, dans cette vaste solitude de mon bien bel ami, que je soutiens grandement aussi. Chose assez rare dans ce monde. Le soutien tiens tiens.
Mercredi 5 juillet, c’est aussi l’Indépendance DAY + One, mais aussi la date des préparatifs de mon précédent déménagement datant d’il y a un an, lorsque je signais pour une vie de bohème avec de grands projets théâtraux dans la ville de l’amour, la ville qui m’a happé, appelé après tant d’années. Le rêve, le mien enfin. Quittant le Luxembourg et la terre mosellane pour la capitale. Le déménagement, le bon, le vrai, l’incroyable, qui, je dois vous confier s’est effectué avec de grandes difficultés en ayant dû monter à trois bras et demi, un bordel sans nom, une vie entière dans un 50m2 par les escaliers situés au 6 étages (un bien beau papier que je vous glisserai à l’occasion sur cette épopée).
Après ce grand moment, aujourd’hui il s’agit de la bougie, de la concrétisation du rêve de ma vie, un an que je l’ai vécu, mais repensé, souvent oui. Nombreuses pensées…
De nombreuses pensées, de nombreux déménagements vécus, de nombreux changements, de nombreuses activités, ici à Paris, ailleurs aussi, nombreuses rencontres, nombreuses heures à travailler, nombreux moments de cafard, nombreuses incertitudes, nombreux doutes, nombreuses fois me demandant ce que je fais là, notamment lorsque j’ouvre BRUT, Bloomberg, BFM Business, lorsque je me calque un peu à la vraie vie, mais nullement à mon monde, aucunement le mien, c’est certain.
Une année de questions, entre vie privée et actualité. Projets, banqueroutes, bingo, travail, passions, pression, rédactions, disputes, réflexions, finalement à quoi bon ?
Vivre difficilement pour concrétiser ses rêves, celui de mon premier amour, Paris toujours. Je l’ai rêvé, attendu, programmé, imaginé depuis mes 15 ans. Je l’ai écrit sur un papier, mis sous mon oreiller comme la petite souris, glissé dans une botte sur la cheminée à Noël, j’ai tout fait pour que la capitale m’ouvre enfin ses bras et veuille bien de moi. Mon rêve, une réalité l’été dernier. Mais après ? Toujours après… J’y suis et puis…
Vous voyez la chose venir…
Eh bien, figurez-vous, que depuis Paris, je rêve, constamment, éperdument, et je ressens. Le besoin, d’ailleurs, loin. Oui loin, des klaxons, loin de la pollution, le besoin du jardin, le besoin de calme, de paix, le besoin d’un chien, le besoin d’avancer. Un rêve tant idéalisé, à la « Marine in Paris » (je n’ai pas été grandement convaincue de cette série), mais un rêve malgré tout, qui m’a coûté. Coûté en termes d’énergie, d’argent, mais également en frustrations, frustrée de profiter en tant que touriste, mais pas en tant que nouvelle Parisienne. Les poubelles, les grèves, le bruit, la pluie, les abrutis, la violence, la délinquance, la France. Épanouie, mais à moitié. J’avais pourtant tout, mes projets, ma vie pas trop rangée, mais… Mon site internet, mon blog, mon travail, mon petit appart sous les toits, Montmartre adoré, les parcs, les musées, le café en bas de chez moi. Alors, pourquoi me plaindre ? J’ai tout pour être heureuse… Pas trop laide, mais bien fatiguée, ce qui génère quelques cernes, mes premières rides au coin de mes yeux, mais de bien beaux patchs à 35 balles à la parapharmacie d’ici, afin de corriger le manque de sommeil sous la chaleur accablante des combles parisiens, et de l’insomnie qui parfois vient me tenir compagnie. Tenace la pt’ite.
Sans vouloir rentrer dans les détails de ma vie, aurais-je compris ? Compris que la vie doit être vécue au présent et non au passé ? Ai-je voulu courir après mes rêves d’antan, mes rêves d’il y a quinze ans ? Lorsque j’étais un pseudo modèle, mais que je n’avais pas grandement confiance en moi, pour franchir le pas, lorsque je donnais raison aux hommes en leur faisant plaisir au lieu de moi-même me suivre ? Je l’ignore. Mais, tout ce que je peux dire, c’est qu’en l’espace d’un an, je me suis aperçue d’une chose, peu importe le lieu, peu importe les gens, on se sent entouré comme son opposé, et peut-être, parfois, encore plus seul en étant suivis par des milliers d’amis, qui pensent tout connaître de votre vie. Alors je souris, et je raconte ce dont j’ai envie, et ce doux papier en est la preuve, la preuve que vous connaissez ma localisation, mais dans le fond ? Hormis ces mots, quoi de plus, quoi de moins ? Que mon amour pour la capitale ? Pour l’art ? L’amour des mots, l’amour tout court.
Et l’amour, lui, est-il intemporel ? Reste-t-il le même ? Arrive-t-il à expiration ? Paris serait-il devenu mon ancien amour, sachant qu’il était le premier ? Mais dans tout ça, l’amour c’est bien moi, je reste ma propre maison. Alors, ici ou ailleurs, que manque-t-il pour faire palpiter mon cœur ? Cette impression vague que Paris est devenu un retour chez un premier, un mauvais amour, un ex un peu violent, pas très compatissant loin de mes attentes, de mes envies de découvertes, de romantisme et de surprises. Moi qui voulais le feu, il est là, mais pas comme ça.
L’actualité m’a miné, m’a grisé, m’a terni petit à petit, elle ne date pas d’aujourd’hui, mais ces dernières semaines, elle a été pesante, ne me sentant nullement chez moi, me sentant nullement en sécurité. Ma ville de lumière se transformant en arène de haine, d’incapacité profonde à se faire comprendre, respectée, au lieu d’être un peu humain et de communiquer. Tout fut prétexte à se déchaîner, afin de se faire entendre, mais surtout de tout confondre pour que tout le monde entre dans la ronde, dans la spirale, infernale. Triste sort. Vous me direz, ma belle, c’est partout pareil… Que veux-tu faire ? Partir ? Fuir ? Je ne sais pas.
Éternelle insatisfaite ? Ou peut-être qu’une forme de sagesse me transporte et me projette, me laisse songeuse, perplexe, pensive, vers un prochain et nouveau mieux, différent, afin de me réaliser à travers une ou deux idées, qui permettront de voler encore plus loin. Peut-être avec toi Paris, mais peut-être plus aujourd’hui.
Car l’amour c’est ça, ça vient, ça part, c’est parfois éternel, artificiel, mais je préfère dans ce cas te quitter, si mon envie d’ailleurs risque d’éternellement nous confronter au point de tristement nous séparer. Peut-être, se laisser le temps de réfléchir, un break, une pause estivale et voir ce que le temps fera de nous. Mais sache que, je me sens prête à vivre, la vie, la nouvelle, parce que dans le fond, toi tu stagnes et tu m’entraînes dans tes propres projets, d’instabilité. Et je dois t’avouer que, j’ai scrollé, de nombreuses fois, tard le soir, tôt le matin, en espérant mieux et plus loin. Pour me sentir mieux, pour me sentir moi. Car on évolue, mais différemment cette fois.
Je me sens à quelque part bloquée dans cette vie, dans notre situation mon Paris, et malgré mes efforts, je dois penser à mon bonheur au lieu du nôtre, alors même si tout est ma faute, on aura osé le faire, 15 années plus tard, à nouveau… Mais je doute que remettre le couvert soit toujours réponse à chaque situation de cœur.
Je partirai, seule ou entre « amis », cet été, ailleurs. Là où est le besoin. De me retrouver pour faire le point. Le temps de se dire les choses, le temps qu’il faille pour se dire oui encore une fois, ou tout simplement restons-en là. Où simplement vivre chacun chez soi, et se retrouver pour les bons moments. Je ne sais pas, je ne sais plus, ou le sais déjà.
Tu as été toi, généreux, tu m’as offert quelques sorties, les musées, les parcs, Montmartre, le mur des je t’aime, tu m’offres ma jeunesse, mais j’évolue, et ensemble tu sais combien nous avons pu rencontrer de difficultés. Alors, sommes-nous encore heureux, amoureux ? Paris je t’aime d’un amour puissant, mais je ne sais plus tout simplement.
Je ne sais plus et suis perdue, perdue d’espérer l’herbe plus verte, l’herbe tout court, le havre de paix, loin du paraître, car toi et moi ça nous va, mais les autres sont toujours là, à nous espionner, à nous regarder de la tête aux pieds, à critiquer notre assortiment, à paraître dans tout ce déferlement de critiques dans chaque arrondissement.
Je suis une femme à présent, et mes rêves d’enfants je ne les perds pas, pas de vue, mais ils évoluent, et je ne peux vivre de bohème constamment, vivre dans l’incertitude, la sérénité s’il te plaît. Tu es plein de surprises, mais où sont les bonnes, les meilleures ? Cachées ? Où ? Dans le métro ? Sur le visage des gens figés, brisés, botoxés, marqués ? Dans la foule au marché ? Dans les émeutes enflammées ? Au fond de mon porte-monnaie lorsque je dois payer le prix du loyer, similaire à une semaine de voyage dans un 5 étoiles aux Seychelles. Étoile, tu me disais, mais je ne brille plus, je m’éteins alors que je suis née pour briller, briller de mes projets, de mes idées et ne peux les concrétiser, car barrières tu me mets. Je suis seule Paris, très seule dans ton immensité, tu sais.
Alors, que faisons-nous ? Toi ? Moi ? Devons-nous nous dire pause, on passe nos vacances séparément, pour mieux se retrouver ? Je n’en ai aucune idée. Mais sache que j’ai bien compris une chose, c’est que personne ne peut vous sauver, mais seulement vous aimer, alors j’ai décidé pour une fois de m’aimer pleinement et de m’écouter intérieurement afin de me sauver de là, du tracas. De vivre comme je l’entends et longtemps, vivre c’est normalement long, c’est bon, et tout ce que je souhaite c’est d’oser la vie, partout, la redécouvrir chaque jour, oser me dépasser, passer les frontières afin de sourire chaque matin en me disant enfin je suis bien.
À bientôt Paris, je t’embrasse.
PS : Je t’envoie de mes nouvelles durant l’été, et cette fois avec le cœur léger.
